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---- ###### tags: `Faire École Ensemble` `webinaire` `classe dehors` :::warning Ce document est contributif. Pour l'éditer vous pouvez passer en mode édition : **<i class="fa fa-edit fa-fw"></i>**/**<i class="fa fa-columns fa-fw"></i>**. Si vous n'êtes pas à l'aise avec la syntaxe markdown, ce [tutoriel](https://pad.faire-ecole.org) est à votre disposition. ::: # Webinaire : Que peuvent faire les villes pour favoriser la classe dehors ? #2 ![](https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/upload_3c1723377c98584c44cbb86e43d3345a.png) :::success **Sommaire** : [TOC] ::: ## 0 - Avant Propos Ce document de prise de notes collectives, régi par les termes de la licence juridique [CC-BY-SA 4.0](https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/), soutien la documentation d'un webinaire organisé dans le cadre de l'initiative citoyenne [classe-dehors](https://classe-dehors.org) qui regroupe associations et collectifs pour soutenir les enseignantes et les enseignants qui se lancent dans la classe dehors. ## 1 - Présentation * Le webinaire "Que peuvent faire les villes pour faciliter la classe dehors?" propose un espace de discussions et de questionnements sur le rôle que peuvent jouer les communes dans le développement de la classe dehors. * **Co-animation** : Charlotte Denis ([RFVE](https://rfve.fr)), Marion Aubert ([Andev](https://andev.fr)), Moïna Fauchier Delavigne ([Fabrique des Communs Pédagogiques](https://fabpeda.org)), Benjamin Gentils (Fabrique des Communs pédagogiques) * **Documentation** : Benjamin Gentils, Moïna Fauchier Delavigne, Hélène Gadenne, Charlotte Rizzo * **Intervenant.e.s** : Hélène Paumier, Roland Gérard, Edmond Haelber, Laurent Bissery, Annabelle Cayrecastel et Christian Megnouac. :::info ++**Liens web autour de l'action Classe dehors :**++ * [**Site web Classe-dehors**](https://classe-dehors.org) * **[Inscription à l'infolettre](https://7bfa4c43.sibforms.com/serve/MUIEAF8FDu9IC1HA_mL_uDKZVF4OWufDRlpBX4ZHN8Ej9FVKQuzKnPNph5IEusbuo0n21Gc17xTyrru-ogzXC8sZsJbPaEOT3vQNRIPqPo6pLud4xUqKTLoO46YKpCPrZ2wvHd0UoGohNBjo4NS6UrVgXXvTgWHzUVwF7OxEpYMAZI4JNhm_6bacAipNT07mQ-7ALfzsdoD7_iOb)** * [**Foire aux questions : se lancer dans la classe dehors**](https://wiki.faire-ecole.org/wiki/Foire_Aux_Questions_:_se_lancer_dans_la_classe_dehors) * [**Espace ressources mutualisé : activités possibles**](https://wiki.faire-ecole.org/wiki/Ressources-classe-dehors) ::: ## 2 - Replay ![](https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/upload_5eab266d8285432f45066c06d1a1b521.PNG) :::info [Regarder le replay du webinaire](https://nuage.faire-ecole.org/s/EKYF8Jp4d9oHPfW) ::: ## 3 - Programme * Introduction par Marion Aubert, Charlotte Denis, Benjamin Gentils et Moïna Fauchier Delavigne * Intervention d'Hélène Paumier - Maire adjointe à l'éducation de Poitiers * Intervention de Roland Gérard - Pionnier du mouvement classe dehors * Intervention de Edmond Haelberg * Intervention de Laurent Bissery * Intervention de Annabelle Cayrecastel et Christian Megnouac * Q&A * Conclusion ## 4 - Participants Jusqu'à 44 participants, parmi lesquels : * Benjamin Gentils (FabPeda - Paris) * Moïna Fauchier - Delavigne (FabPeda - Paris) * Hélène Gadenne (FabPeda -Deux-Sèvres) * Ghislaine Rodriguez (Nantes) * Graine ARA * Charlotte Denis (RFVE) * Jean-Michel Gautier * Julie Grammont * Laure Pillot * Stéphanie Léger (Lyon) * Marion Aubert (ANDEV) * Marlène de Saint Jean * Ornella Bolzoni * Roland Gérard * Sabine Bourguet (Nimes) * Sébastien Borie (Clermont-Ferrand) * Sylvia Roudaut * Thomas Mettey * Valérie Brunet * Hélène Paumier (Poitiers) * ... Pour note, le webinaire recense 72 inscriptions (dont 60 représentants de communes). ## 5 - Prise de notes ### 5.1 - Introduction * **Marion Aubert** : Chargée de missions au sein de l'[Andev](https://www.andev.fr/), association des directeurs et des cadres éducation des villes en France, et membre de la coalition classe dehors, qui aide au déploiement de la pratique en France. * **Charlotte Denis** : Chargée de mission [RFVE](https://rfve.fr) : un réseau de 120 élus qui travaillent sur les politiques éducatives locales. L'Andev et le RFVE sont complémentaires sur plusieurs sujets prioritaires. Concernant la classe dehors, le RFVE a rejoint la coalition dès le début et a notamment organisé le premier webinaire en juin sur les avantages et les freins à cette pratique. Ce deuxième webinaire a pour objet d'identifier la phase d'après : quels outils concrets mettre en place pour les villes ? * **Moïna Fauchier - Delavigne** : Auteure et co-initiatrice de la [coalition "classe-dehors"](https://www.classe-dehors.org/), très heureuse de parler aux collectivités, via l'initiative du RFVE et de l'Andev car nous sommes persuadés que c'est grâce aux collectivités qu'on peut faire levier en France. Une 60aine de villes se sont inscrites à ce webinaire avec des questions sur les aménagements, liens avec l'éducation nationale, appuis aux enseignants (budget, matériel etc.),etc., montrant un réel intérêt à ces temps d'échanges, et nous pousse à nous questionner sur la façon de continuer à avancer ensemble pour la suite. L'action classe dehors consiste en effet à rassembler des structures et des personnes, travailler en inter-organisations, pour soutenir les enseignants, mutualiser les ressources de façon ouverte. Pour cela, nous avons conçu un site collaboratif, des webinaires, une cartographie, etc. des ressources pour favoriser la classe dehors. * **Benjamin Gentils** : Avec Moïna, Hélène, Charlotte, on fait partie de l'association [Fabrique des Communs Pédagogiques](https://fabpeda.org) et de l'association [FEE](https://faire-ecole.org) (Faire Ecole Ensemble) et on a pour objectifs de proposer des cadres au travail collaboratif sur des sujets tels que la classe dehors mais aussi la fabrication de matériel pédagogique, la rénovation et construction des écoles par exemple. Notre action vise à mettre en place une ingénierie pour créer du lien entre des acteurs divers (l'éducation populaire, les associations de défense de l'environnement, les acteurs publics (réseau des INSPE, éducation nationale). Par exemple, la cartographie des acteurs de la classe dehors n'est pas qu'un outil de données, mais vise à faciliter les mises en relation des actions territoriales et générer des réponses locales. Nous croyons en effet que rien ne remplace les rencontres et les échanges de pratiques locales. ### Intervention d'Hélène Paumier, adjointe à l'éducation de la ville de Poitiers **Hélène Paumier** : Adjointe à l'éducation de la ville de Poitiers. Depuis le début de notre mandature citoyenne en juin 2020, un des 3 piliers de notre feuille de route éducation est l'éducation nature. Nous avons tout de suite lancé de nombreuses actions concrètes. Les enseignants des écoles nous attendaient. La rencontre avec Benjamin fin septembre a été l'opportunité de présenter nos actions et de se raccrocher à la dynamique de communs représentée par la coalition "classe dehors". Des échanges sont en cours pour organiser à Poitiers les 1ères journées/rencontres internationales de la classe dehors en juin 2023. Il ne s'agira non pas de rencontres hors-sol, (par exemple dans le palais des sports du Futoroscope), mais de temps dans les 45 écoles de la villes et dans tous les espaces extérieurs accueillant des apprentissages, et nous sommes très heureuses avec Mme la Maire, Léonore Moncond'huy, de vous accueillir pour cet évènement. ### 5.2 - Intervention de Roland Gérard, pionnier de l'éducation à l'environnement en France * **Moïna** : Roland est un pionnier de l'éducation nature en France. Il est à 4000 % sur le terrain avec des enfants, et participe à la formation des adultes. Il a co-créé le réseau école et nature qui s'appelle aujourd'hui le [FRENE](https://frene.org). * **Roland** : Cette annonce de la ville de Poitiers me fait chaud au coeur. On a réussi en 2000 à organiser les premières assises sur l'éducation à l'environnement en France car la ville de Lille et le département du Nord Pas de Calais s'étaient mobilisés. Un an avant, dans toutes les régions de France, sous l'impulsion de la société civile, les GRAINES (ou équivalent) dans chaque région ont rassemblés les acteurs de l'éducation à l'environnement pour préparer leur contribution pour les assises nationales et pour dynamiser. De mémoire, il y avait 22 événements, pour les 22 régions à l'époque. En 2009, c'est la ville de Caen qui nous a permis de nous mobiliser et d'organiser de très belles assises, puis Lyon et Villeurbanne en 2013. Les villes ont toujours été déterminantes dans ce cheminement pour agir collectivement et développer l'éducation à l'environnement. Aujourd'hui, ce thème se cherche encore, et on peut presque parler d'un grand retard français sur le sujet. Il nous faut déconstruire nos esprits très cartésiens, basés sur les principes des leçons de choses, qui n'ont pas de sens lorsqu'on parle de nature. On hérite aussi d'une histoire de l'école buissonnière pour les polissons, qui n'était pas pour les enfants des classes aisées... La dimension sensorielle a ensuite été travaillée grâce au travail du Ministère de l'environnement, inspiré, dans les années 80 par les travaux des américains Steve Von Martre et [Joseph Cornell](https://www.reseau-idee.be/outils-pedagogiques/fiche.php?media_id=5003). Les animateurs de terrain se sont sentis débridés et ont eu le droit de mettre en place des démarches sensorielle, artistiques, sensibles. Ce sont alors les personnes qui étaient autorisées à s'exprimer dans les ateliers, et pas seulement les cerveaux qui venaient mettre des noms sur des arbres ou les bêtes. C'était vraiment intéressant. Les classes vertes commençaient à développer la pédagogie de projet. On était sur l'idée de connaître, aimer, protéger. Toutefois, avant de connaitre, il y a le fait de se rapprocher de la nature, et on ne se rapproche pas qu'avec ses capacités intellectuelles, mais bien avec ses mains, son nez, ses oreilles, et surtout en passant du temps sur le terrain, dans la nature. Un peu plus tard, on a eu des difficultés avec les termes environnement et développement durable. Les acteurs nature se sont retrouvés un peu obligés de rentrer dans des sujets qui portaient plus sur les déchets, ce qui a provoqué une baisse d'intensité dans l'animation nature. On observe un vrai retour aujourd'hui de l'animation nature, et de l'importance de la nature, notamment grâce aux neurosciences. On découvre aussi, avec le RPPN ([Le Réseau de la pédagogie par la nature](https://www.reseau-pedagogie-nature.org/)), qu'il y a 30, 40 ans nous étions des naturalistes et de piètres pédagogues. On se rend compte aujourd'hui qu'il faut être excellent en pédagogie, avant d'être naturaliste. On parle à présent de connexion. Elle permet la BONNE rencontre avec la nature, et doit déboucher sur des LIENS. L'idée d'interdépendance est importante et de plus en plus médiatisée : c'est bien d'avoir conscience qu'on a des liens avec le VIVANT. De plus en plus, les humains ne sont plus au centre ou au-dessus de l'ensemble du vivant, mais dans le flot du vivant, et ils seront bien s'ils sont en lien avec les non-humains. Pour conclure, l'éducation nouvelle a reposé la participation des élèves et son mouvement au coeur de son quotidien. Je me souviens de sorties nature pour lesquelles, les enfants devaient apporter leurs cahiers. Ces temps devaient ressembler à la classe. Or, l'enfant a besoin de ses mains pour découvrir la nature et la forêt. Je finirais en évoquant [Jon Young](https://www.jonyoung.online/) et le principe des [Eight Shields](https://www.youtube.com/watch?v=QMWSvUp0CYk&feature=emb_title) (8 boucliers) en tant que démarche américaine inspirante (il faut s'ouvrir à cette culture) qui puise dans les pratiques autochtones, apportant beaucoup d'éléments sur les notions de connexion et la réelle transformation de l'éducation par la nature. ### 5.4 - Intervention d'Edmond Haelberg - conseiller municipal de Cosswiller (67) * **Moïna** : Edmond est conseiller municipal de Cosswiller en Alsace où ils ont commencé à mettre en place plusieurs actions pour appuyer les enseignants pour qu'ils passent du temps dehors, dans un espace riche, et de façon régulière. * **Edmond** : Cosswiller est une petite commune de 700 habitants, située dans le Bas-Rhin à 25 km de Strasbourg. Nous avons de belles forêts très près de l'école, à 200m du village. Notre projet, à l'initiative de l'école, a consisté à soutenir 3 institutrices (46 élèves) à mettre en place un projet pédagogique d'école dehors. Tout le conseil municipal, de façon très spontanée, sans aucun débat, a décidé de donner un coup de pouce à cette action. Les enseignantes nous ont demandé un budget de 2160 euros et de l'aide pour aménager un lieu. Nous avons trouvé le lieu : c'est un paysan qui nous a fourni l'espace. La mairie a élaboré et signé une convention pour dé-responsabiliser le paysan et s'engager à remettre le lieu en état initial de cession. [Pour plus de ressources sur les moyens de trouver un lieu, visitez la [FAQ classe dehors](https://wiki.faire-ecole.org/wiki/Foire_Aux_Questions_:_se_lancer_dans_la_classe_dehors#3_.E2.80.93_Comment_choisir_un_lieu_pour_faire_classe_dehors_.3F)]. L'école nous a demandé de mettre quelques élements en place : des toilettes sèches, des bâches pour se protéger de l'eau, etc. C'est un vrai projet de village, les conseillers municipaux y sont investis, et comme pour d'autres projets, tentent d'impliquer la population du village qui s'intéresse au projet. Les institutrices n'ont pas encore mené beaucoup d'enseignement à l'extérieur, chaque groupe est sorti seulement 3 fois, mais à partir de janvier, les sorties seront plus fréquentes : 1/2 journée par semaine pour chaque groupe, pour travailler des projets pédagogiques. Ils vont par exemple utiliser la nature pour développer les sciences, les mathématiques etc. Pour l'instant les enseignantes ne souhaitent pas témoigner, mais seront d'accord pour le faire plus tard. * **Moïna** : cette démarche montre qu'il est possible que la mairie aide les enseignants, même si cela fait partie de l'éducation nationale. Il s'agit de créer un cadre pour faciliter les choses : mise en lien avec les acteurs de terrain, aide financière... Il y a plusieurs manières de faire. Merci de votre témoignage. ### 5.5 - Intervention de Laurent Bissery - Bouvron (44) * **Moïna** : Laurent Bissery va nous partager un travail sur un projet de conception participative pour réaménager les espaces. ![](https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/upload_22cf8054c3f7bab681ed23878a317140.png) ([La présentation du Pôle Enfance sur le site du réseau Bruded](https://www.bruded.fr/projet/bouvron-44-un-pole-enfance-fonctionnel-et-construit-avec-des-materiaux-ecologiques-pour-un-cout-maitrise/). D'autres ressources sont disponibles en bas du document) * **Laurent Bissery** : Ancien ajoint de la commune de Bouvron (3 000 habitants) proche de St Nazaire, et architecte de formation. Dans le cadre du projet d'extension d'école et d'intégration d'un périscolaire (14k). Comme tous les projets sur la commune, on a un terreau fertile pour la participation. On a fait le pari de co-construire le projet du début à la fin, sans programme, sans financement, mais avec l'aide de tous. C'était un projet complexe, on ne se sentait pas de définir à quelques élus les 30 années à venir de notre école. On a fait appel à un facilitateur pour mettre les choses à plat, nos souhaits en partant de rien. On n'était pas très satisfaits des retours des gens très formatés et freinés par l'expérience personnelle et par la trame du programmiste (contructible, pas trop cher). On a passé quelques semaines à deconstruire tous les freins et on a travaillé hors site sur l'école idéale (nos envies, notre vécu en tant qu'enfant à l'ecole). On a appris à se connaître pendant plusieurs mois et on a perdu l'effet des sachants et non sachant, financeurs, etc... à ne plus avoir peur, qu'on soit chauffeur de car, agent d'entretien ou de périscolaire. D'habitude interrogés sur des sujets techniques, à la fin de la conception quand tout est déjà très figé, les techniciens et habitant ont cette fois pu émettre toutes leurs idées, sans pression de budget ni planning. On a pu imaginer tous les projets possibles et dessiné 15 projets d'écoles, et on a pu expérimenter tous les choix, défendre nos projets et travailler sur des consensus ou des compromis pour chaque fin de réunion. L'idée étant de ne pas se retrouver avec une montagne de données, mais d'avoir de quoi faire progresser l'ensemble sans trop dépenser. Une psychologue de l'éducation a mené un travail spécifique pour déconstruire les freins liés à l'école. Le projet a alors permis de parler de l'importance des temps en extérieur, de la sociabilisation, du besoin de temps seul pour les enfants. Par exemple, chaque salle de classe est maintenant équipée d'une grotte pour que les enfants puissent s'isoler sans péter un plomb. La grotte et les murs de l'école ont été auto-construits avec la terre de l'école, par les enfants et les adultes, ce qui permet à l'"extérieur de rentrer dans l'école" et d'obtenir de bons résultats thermiques et acoustiques. Tout cela a un coût, surtout lorsqu'on travaille sur le temps long. Nous avions aussi des exigences en matière de type de chauffage (chaufferie bois). On été amenés à faire des impasses ensemble : au début du processus, on ne prenait pas en compte la réalité financière, et on a mis en place un procédé dans lequel l'élu est en retrait, avec la même voix que l'agent ou les élèves. Pour cela, le conseil municipal doit ensuite revoter l'ensemble des décisions pour les acter. Cela nécessite de travailler avec un conseil qui est prêt à lâcher du lest et qui est prêt a du renouveau. On s'est retrouvé, pour pouvoir payer notre rêve à nous questionner sur la taille des salles de classes : comment construire 120m² (la bonne taille pour monter des projets alternatifs) au prix de 60m². On a construit l'école la moins chère de France en 2015 par l'intelligence collective (1070 euros le M2 en bbc, alors qu'on est d'habiude à 2000euros/m2), en construisant d'abord un hangar en métal de 2000m². Sous ce parapluie qui ne nous coûtait rien, on a eu l'idée de construire des murs de terre crue. Chaque salle de classe est ainsi en retrait de la façade, ce qui permet d'avoir un extérieur qui est propre à chaque salle de classe, avec un espace moitié couvert et découvert. Les moutons gèrent l'entretien des espaces verts, et on fait entrer l'extérieur dans l'intérieur. On a pris 1 an pour travailler tous ensemble, retirer les barrières entre les élus et les architectes. On a été 50 personnes à travailler ensemble au travers un PCI : Processus de conception intégré nécessitant un facilitateur. (*Vous pouvez retrouver plusieurs documents ressources sur le projet mené à Bouvron en bas de la prise de notes*.) ### 5.6 - Intervention d'Annabelle Cayrecastel et Christian Mouagnac - Communauté de communes du Savès(32) * **Moïna** : Anabelle Cayrecastel et Christian Mouagnac ont mis en place le programme "grandir dehors", plus transversal et plus large que la classe dehors, il s'agit de prendre en compte les différents temps des enfants, à l'école et en dehors de l'école. Dans ce programme mis en place dans le Gers, une multiplicité d'acteurs, d'univers divers travaillent ensemble, ce qui est assez original en France et peut parler à plusieurs d'entre vous. * **Christian Mouagnac** : Récemment élu au sein de la commune, alors qu'Annabelle est sur le terrain depuis beaucoup plus longtemps pour assurer la coordination de l'action présentée. Nous sommes situés dans une communauté de communes de 10 000 habitants (32 communes) comprenant deux villes centres de 5000 habitants. Nous accueillons 11 écoles, dont 9 écoles rurales au Sud ouest de Toulouse. Nous avons réalisé un sondage auprès de 168 personnes qui a confirmé ce que nous avions remarqué : depuis de nombreuses années on ne voit plus les enfants jouer dehors et ont tendance à rester à l'intérieur. Nous avons alors fait le constat qu'enseignants, animateurs et familles méconnaissaient les lieux où aller avec les enfants pour faire profiter les enfants de la nature. Nous avons la compétence pour la gestion des batiments des écoles mais pour penser les aménagements autour de l'école, nous avions besoin que les mairies soient aussi actrices du projet. * **Annabelle Cayrecastel** : Cette prise de conscience à commencé en 2019 et s'est accentuée avec la crise. On sait que le manque de nature rime avec des troubles psychiques et physiques existants chez des jeunes (troubles du langage, myopie, etc. et perte d'équilibre chez certains enfants). Malgré la possibilité d'accès à la nature sur le territoire, nos enfants n'ont pas plus d'expériences de nature que des petits toulousains. **On a voulu lancer ce projet "grandir dehors" sur notre territoire pour faciliter et promouvoir les activités à l'extéieur et en pleine nature pour tous les enfants (0 à 18 ans) sur le temps scolaire, périscolaire et extrascolaire.** On a rassemblé tous les acteurs en lien avec les enfants sur cette thématique-là, du parent à l'animateur, de l'enseignant à l'éducateur sportif, et c'est une particularité. * **Christian Mouagnac** : La lecture du livre "L'enfant dans la nature" a donné l'idée au Président de la communauté de communes et à l'équipe des élus de réfléchir au sujet et de réunir tout le monde. Le Covid nous a amené à ne pas brasser les enfants et donc à les faire sortir, ce qui a donné une impulsion complémentaire. Nous avons alors organisé des conférences et des temps de sensibilisation (parents, maires, etc) pour que tous deviennent acteurs de ce projet. Nous avons mis en place une [charte](https://nuage.faire-ecole.org/s/6ENN9rb96H84oef) avec de nombreux partenaires (éducation nationale, CAF, jeunesse et sport, associations) pour mettre tout le monde d'accord. En 2021, on a fait des journées de test et mis en place des pilotes dans différentes écoles. Aujourd'hui, 17 classes sont engagées, 11 ALSH (accueils de loisir sans hébergement), ainsi que le relai petite enfance et le relai multi-accueil. En parallèle de ce projet, nous étudions la rénovation et revégétalisation d'une cours d'école pour que les enfants se retrouvent hors d'une cours goudronnée. Ce projet a visé 3 groupes d'acteurs différents : 1/ les partenaires institutionnels ont été sollicités pour adhérer à ce projet, ce qui a débouché sur une charte d'engagement (PMI, jeunesse et sport, education nationale, etc.). En effet, pour que les enseignants aient de la légitimité à agir dans ce projet, il fallait que leurs supérieurs soient concernés. De la même façon pour les ALAE et ALSH (acceuil périscolaire) soit investi il fallait que l'Etat via les services jeunesse et sport leur laisse la législation pour pouvoir le faire. 2/ Concernant les acteurs éducatifs, un gros travail de mises en réseau entre les différents lieux d'accueil a été mené pour recréer du lien et de la confiance. On observe que grâce à cet outil de réseau, on génére aussi de la cohésion territoriale sur tous les sujets. "Grandir dehors" aide tous les acteurs éducatifs à générer l'ensemble de la **cohérence éducative**. Le PEDT va d'ailleurs se baser sur "grandir dehors". On a également formé et sensibilisé tous les acteurs éducatifs avec des formations inter-professionnels pour créer du lien et pour que les animateurs et enseignants aient la même base commune. On a ensuite accompagné les premières mises en place de sorties. 3/ Les maires des territoires ont aussi été sollicités. Si ils sont indirectement impliqués dans la gestion des écoles, il relève de leur compétence de gérer les aménagements extérieurs. Plusieurs projets d'aménagement sont maintenant en cours, et pour les dossiers de financement, c'est aussi un gros avantage pour les mairies de partir du projet "grandir dehors". * **Annabelle Cayrecastel** : Les bénéfices pour les collectivités et les enfants sont aussi décris dans la présentation. * **Moïna** : Pour conclure, après un article dans un dossier sur la classe dehors, paru en septembre dans [la Gazette des communes](https://www.lagazettedescommunes.com/761945/les-collectivites-aux-avant-postes-de-lecole-en-plein-air/), vous avez été invités à partager votre expérience avec un groupe de personnes de la ville de Toulouse. Cela montre à quel point votre démarche peut faire effet boule de neige. ### 5.7 - Questions/réponses * **Moïna** : pour information, on observe que de nombreuses questions remontent sur la classe dehors de la part des agents et élu.e.s des collectivités. Nous sommes en train de les compiler avec la Fabrique des communs pédagogiques. Il serait intéressant de publier une sorte de FAQ spécifique aux collectivités, notamment pour identifier quels sont les petits freins à lever pour se lancer (ou continuer). Si certains sont interessés pour co-créer cette ressource commune, je suis disponible pour en parler. * **Laure Pilot** : Il y a surtout des petites communes et communautés de communes présentes aujourd'hui. Est-il possible de se projeter sur des communes plus grosses ? Je suis très preneuse de conseils pour les communes d'échelle plus importantes. il est frappant de voir que les plus petite communes peuvent inspirer de plus grandes mairies. De même, existent-ils de leviers pour des mairies plus grandes et pas forcement écolos. * **Benjamin G.** : Hélène Pommier (Poitiers) est déjà intervenue par exemple lors du premier webinaire. Nous sommes aussi vigilants à faire valoir l'équilibre politique dans les exemples et expériences relatées. On remarque que la classe dehors est un sujet non pas apolitique, mais qui réussit à entrer dans des projets municipaux au sein d'équipes pluripolitiques, quelques soient leur majorité. * **Annabelle C.** : Lors de la journée à Toulouse où on a présenté le projet de notre communauté de communes au directeur du centre de loisir de la ville, on a partagé notre enjeu d'aller vers les élus proches des quartiers. ces derniers sont plus proches des habitants. * **Benjamin G.** : On remarque aussi dans les grandes communes que les agents donnent une priorité parfois moins importantes à la classe dehors, en rapport aux enjeux de la restauration scolaire ou de la gestion de crise par exemple. L'enjeu est de ne pas surcharger non plus les personnels. Les questions sur le cadre juridique, les difficultés de mise en place, etc. sont essentielles pour pouvoir répondre rapidement sur des freins opérationnels, et aider à ce que ça aille plus vite. * **Moïna F.** : Pour information, à Lyon, un module de formation continue a été proposé aux enseignants, monté par un collectif d'associations, en lien avec l'académie et la Métropole. Ce module de 2x3h à destination des enseignants a été élaboré grâce à un travail commun, associant plusieurs acteurs associatifs. Il est proposé dans 12 circonscriptions de l'académie et a même été intégré au plan de formation. D'ici l'été, 300 enseignants seront formés dans la Métropole. Ensuite, il faudrait pouvoir mobiliser le tissu associatif et financer des animateurs nature pour accompagner ces enseignants pour leurs premières séances de classe dehors. Il y a peut-être des collectivités de la Métropole de Lyon présentes ce soir, qui voudraient intervenir ? * **Stephanie Léger** (adjointe au maire de Lyon, délégation éducation): en effet, la Métropole de Lyon a mis en place cette formation à laquelle 50 enseignants lyonnais participeront. J'encourage vivement ces enseignants à sortir, et c'est pourquoi je participe d'ailleurs aussi à la formation. A Lyon, et aussi à Villeurbanne, notre voisine proche, nous menons un gros projet de réorganisation des cours d'écoles, comprenant leur végétalisation. on oberve une vraie dynamique et une volonté d'avancer sur le sujet de la part de tous les acteurs locaux : au niveau politique et associatif mais aussi de l'éducation nationale, des parents et des enfants. On a l'impression de faire chez nous de l'industriel par rapport aux témoignages du jour dans le plus petits territoires. A Lyon, on en est à 10 concertations en 2 mois pour 10 cours d'école. Cela mobilise énormement de ressources et de temps interne (direction éducation, direction de la construction, etc.) et un budget de 300 000 € pour la végétalisation des cours. Pour aller plus loin, ce qui nous intéresse c'est de pouvoir faire classe dehors, **à la fois dans la cours, mais aussi dans la rue, en milieu urbain**, avec les associations locales, et pas uniquement dans les parcs (nature urbaine). On va aujourd'hui utiliser tout l'espace urbain de la ville pour faire école dehors. Concrètement, nous avons besoin de cadres institutionnels et de matériel concret pour faire sortir 30 enfants dans les rues de la ville. * **Benjamin G.** : Nous vous transmettrons prochainement un questionnaire opérationnel pour que vous nous fassiez vos remontées problématiques opérationnelles et de terrain. Par exemple, une question se pose : quels sont les services des collectivités qu'il faut impliquer dans un projet de classe dehors ? * **Stephanie L.** : A Lyon, nous mobilisons la direction des espaces verts, la direction de la santé et la direction de la construction pour intervenir sur les cours d'école. On a monté un Copil qui se réunit une fois tous les 2 mois pour avancer sur le chantier, les élus et directions opérationnelles sont présents pour arbitrer tout ça. J'ai des ressources à vous fournir. des évaluations financières, sur le modèle de ce qu'il se passe avec les cours oasis à Paris. * **Benjamin G.** : Moïna a assisté au [colloque sur les terrains d'aventure](https://tapla.hypotheses.org/) il y a peu. Il y a plusieurs manières de faire classe dehors dans les villes. * **Moïna F.** : les terrains d'aventure peuvent être présents dans toutes les villes. C'est une façon d'aborder le jeu et l'accès à la nature de proximité aussi en ville. C'est un espace qui peut permettre des expériences de nature avec une personne responsable du lieu. Pour l'instant, ces terrains sont utilisés en dehors des temps scolaires mais cela peut changer. En Allemagne, il existe de tels lieux aussi, qui sont ouverts aux familles et aussi aux écoles où on peut grimper aux arbres, faire du feu, gratter dans la terre sans souci. Offrir ses expériences en France aux enfants qui en sont privés, c'est important. * **Roland Gerard** : cela me rend vraiment joyeux de voir cette possibilité nouvelle de redémarrer quelque chose au niveau national, saisir une envie de faire du chemin ensemble. J'ai un rêve un peu fou, celui de reprendre la préparations d'assisses nationales avec des petites rencontres locales pour apporter des éléments collectifs et structurants et nourrir ainsi les rencontres internationales de Poitiers de 2023. Je suis par exemple très motivé pour aller rencontrer les amis du gers, qui sont à des centaines de km. * **Benjamin G.** : Nous vous proposerons lors du 1er semestre 2022 1 ou 2 webinaires plus spécifiques, faisant intervenir des professionnels pouvant répondre à des questions spécifiques que vous allez nous faire remonter, de la plus technique à la plus opérationnelle. Nous aurons à coeur de proposer des réponses. Il y a aussi une logique économique derrière cette démarche collective. Plutôt que d'engager des consultants à des dizaines de millier d'euros, l'idée serait de vous engager dans un petit financement collectif et participatif. L'idée serait que les collectivités co-investissent dans une ressource commune, sans réinventer la roue, quelque soit la taille de votre commune et que votre environnement soit rural ou urbain. Cela permettrai d'investir les gros budgets dans des bottes et des combinaisons pour les enfants plutôt que dans des études. * **Moïna F.** : Il est aussi intéressant de faire remonter et partager les toutes petites expériences qui font levier rapidement, par exemple l'aide d'un parent, la plantation d'un arbre etc., car ces premières étapes vont permettre aux enfants de vivre des expériences de nature concrètes, et ce au plus vite, sans avoir à attendre les résultats d'un financement ou d'une étude projets de grande envergure. ## 6 - Ressources * Site web classe dehors : classe-dehors.org * [Prise de notes du 1er webinaires pour les collectivités](https://pad.faire-ecole.org/webinaire-villes?view) (15 juin 2021) * **Projet "Grandir dehors" dans la communauté de communes du Savès (Gers)** * * [Charte](https://https://nuage.faire-ecole.org/apps/files/?dir=/4-%20FabPeda/Programmes/Classe%20dehors/Ressources%20Coalition*/Document%20CC%20du%20Sav%C3%A8s&openfile=10192) du dispositif "Grandir dehors" signée en mars 2021 * **Bouvron** * * [La plaquette sur le site de la mairie](https://www.bouvron.eu/app/uploads/2016/12/Cahier-Patrimoine-Pole-Enfance.pdf) * * Les fiches sur le site de Bruded : [Le processus de conception intégrée](https://www.bruded.fr/projet/processus-de-conception-integree-pci-a-bouvron-44/) (PCI) et [La présentation du Pôle enfance](https://www.bruded.fr/projet/bouvron-44-un-pole-enfance-fonctionnel-et-construit-avec-des-materiaux-ecologiques-pour-un-cout-maitrise/) (un espace fonctionnel construit avec des matériaux écologiques pour un coût maîtrisé). * * Film documentaire sur la construction participative (14 minutes) http://laterreferme.eu/?p=1359 * * [La fiche chantier](https://nuage.faire-ecole.org/s/QGmnYqYoX7mfsoa) * * [La fiche sur le site de l'observatoire du CAUE](https://www.caue-observatoire.fr/ouvrage/pole-enfance-3/?freesearch=bouvron) * * Le site de Bruded, réseau d'échange d'expérience de développement local durable entre collectivités (Ouest) https://www.bruded.fr/ * * [Replay de la conférence donnée au CAUE de Nantes](https://www.caue44.com/2021/08/31/cours-vertes-et-matiere-grise/), avec Laurent Bissery, ancien élu adjoint scolaire à Bouvron, Sébastien Argant, paysagiste concepteur de l'atelier "La terre ferme" et Thierry Paitel, directeur du pôle enfance de Bouvron (43 minutes, le 13 octobre 2021) * **Autres ressources** * * Sur le site de classe dehors, une page wiki sur les cours de récréation (en construction): https://wiki.faire-ecole.org/wiki/Cour_de_r%C3%A9cr%C3%A9ation * * Un livret "Les cours d'écoles", en direction des collectivités (réalisé par le CAUE 44) : https://www.caue44.com/?portfolio=livret-cours-ecoles * * Un dossier dédié "Les essentiels pour faire classe dehors " par Réseau Canopé : https://www.reseau-canope.fr/canotech/ressources-pratiques/les-essentiels-pour-faire-classe-dehors/presentation.html --- Ce document est régi par les termes juridiques de la [licence Creative Commons BY-SA 4.0 ](http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/) <center>