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###### tags: `Fabpeda` `Intermèdes Robinson` :::warning Ce document est contributif. Pour l'éditer vous pouvez passer en mode édition : **<i class="fa fa-edit fa-fw"></i>**/**<i class="fa fa-columns fa-fw"></i>**. Si vous n'êtes pas à l'aise avec la syntaxe markdown, ce [tutoriel](https://pad.faire-ecole.org/utiliser-codimd) est à votre disposition. ::: # 7^ème^ Festival de Pédagogique sociale : Janusz Korczak et les droits des enfants en temps de crise <center> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/1d8feed5-4c8e-48e3-9243-a2a66f1ab84c.png" width=320> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/433cb384-f8fe-49bf-8674-4e63126761c0.png" width=320> </center> <br> :::success **Sommaire** : [TOC] ::: ## 0 - À propos Ce document soutient la documentation de temps forts du [7^eme^ festival de pédagogique sociale Janusz Korzcac](https://www.intermedes-robinson.org/7-eme-festival-de-pedagogie-sociale/), organisé par l'association [Intermèdes Robinson](https://www.intermedes-robinson.org/), les 4 et 5 novembre 2022 à la MJC Aimé Césaire à Viry-Chatillon. ## 1 - Introduction par Laurent Ott <center><img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/32221ea7-1458-45ee-991c-c307fb50c265.JPG" width=500></center><br> * [Intermèdes Robinson](https://www.intermedes-robinson.org/) est fier de tenir cette 7^ème^ édition du festival de pédagogie social. L'édition de cette année est centrée sur la figure du pédagogue [Janusz Korczak](https://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak) et sur la question des droits des enfants en temps de crise. Nous tenons à remerciements l'ensemble des partenaires ainsi que la MJC qui nous acceuille. * Nous lançons à cette occasion un site ressource sur la pédagogie sociale : https://pédagogie-sociale.org/. Ce sera un commun de ressources, d'écrits théoriques, de partage d'actualités, d'événements, d'informations sur les formations, etc... * On mène tout un tas d'actions avec en tête l'enjeux d'échaper à la césure qui nous rends malades et qui discocie vie privée et vie publique. C'est le propre de mode d'éducation que de s'épuiser dans cette confrontation stérile. * Présentation du [programme des journées](https://www.pedagogie-sociale.org/2022/11/03/7e-festival-de-pedagogie-sociale-janusz-korczak-et-les-droits-des-enfants-en-temps-de-crise/). * Rappel de l'incident de la semaine dernière : la perturbation d'une distribution d'aide alimentaire à 110 familles. Cela rends visible des phénomènes urbains et sociaux qui peuvent paraître transparents. Cela pose la question de : "que se passe-t-il quand nous ne sommes pas là pour révéler ça ?" * On est ici pour parler du droits des enfants en période de crise. On le voit bien, à chaque épisode de crise, les premiers qui trinquent c'est les enfants. C'est ce que Korczak avait déjà perçu pendant la montée du nazisme. La crise entraîne une banalisation des mauvais traitements envers les enfants. Une fois la crise installée, on voit des choses qui nous auraient semblées invraisembables jusque-là. Dans l'Essonne, des municipalités refusent de scolariser des enfants roms et les renvoient vers les écoles des municipalités voisines. * Certaines insitutitions développent des attitudes qui deviennent des freins. Avec ce type de réaction, les enfants des hôtels sociaux de Viry-Chatillon devaient aller à plus de 15km dans les quelques écoles qui les acceptaient (avec l'aval des municipalités, de l'Education Natioanle et de la prefecture). Ce protocole a été cassé, la situation normalisée. Cette menace est dans l'air. Les libertés, les droits, les devoirs sont attaqués, en particulier ceux des enfants. * Janusz Korczak à son époque s'est mis au travail sur cet enjeux avec tout un tas de choses. En particulier les [républiques des enfants](https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_des_enfants), pour que les enfants décident de leurs conditions de vie. C'est ce que propose la pédagogie sociale. On a besoin de rien, on part d'un point 0 qu'on cherche à améliorer pas à pas en se basant sur l'ex, on travaille quelque soit le temps, le statut ou l'état des gens (ex. personnes en situation de handicap qui ne sont pris en charge ailleurs). * Ce qui m'inspire chez Korczak, c'est la puissance de ses mots et sa capacité à composer avec le réel. Il y a notamment cette phrase qui motive nos actions avec Intermèdes : **"Ce que l'on ne peut pas empêcher, il faut l'organiser"**. Ce n'est ni une voix utopiste, ni idéaliste. Et on le voit ici : personne n'a pu empêcher ce festival de Pédagogie Sociale ! ## 2 - Mathieu Depoil - *"L'éducation intégrale en temps de crise"* <center><img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/b7605e73-5ccb-473f-a8e0-64c7b85223d1.png" width=400></center><br> * Je suis Mathieu Depoil, je dirige la [Maison Phare](https://lamaisonphare.fr/) à Dijon. En parallèle, je prépare une thèse de doctorat en sciences de l'éducation. Mes recherches portent sur les liens entre les pratiques pédagogiques et les pensées politiques. * L'"éducation intégrale", c'est un vieux concept qui n'est pas du tout nouveau. A mon sens, c'est plus que nécessaire de le repenser aujourd'hui. * Pour le définir simplement, le concept d'éducation intégrale prone une vision globale de l'éducation : un développement qui est tout à la fois intellectuel, corporel, social, économique et politique. C'est une éducation qui ne divise pas les individus et les professions. C'est indispensable de repenser cela en période de crise comme celles auxquelles on fait face. * Pour ça, c'est nécessaire de se tourner vers les pédagogues anarchistes et libertaires, car ce sont des pivots. Penser une éducation émancipatrice en dehors des institutions (bourgeoise et capitaliste) était une préocupation de nombreux pédagogues libertaires. Cette pensée est en réaction à la société capitaliste. Ca va sembler bateau mais je le rappelle ici : c'est important de prendre en compte que les formes de précarité et d'exploitation sont en grande partie issus du système capitaliste. * Dans l'éducation intégrale : la vision éducative passe par la croyance en l'éducation pour changer la société : c'est une pensée éducationniste. L'éducation intégrale ne scinde pas les savoirs et les individus. C'est une éducation politique (instruire pour révolter / éduquer pour émanciper). Elle se fait en dehors des cadres religieux, conservateurs et réactionnaires. Aujourd'hui, à mon sens, ça veut dire en dehors des institutions. * Le pédagogue libertaire [Paul Robin](https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Robin) à travaillé ces concepts a partir de 1862, notamment à la période où il dirige l'[orphelinat de Cempuis](https://fr.wikipedia.org/wiki/Orphelinat_de_Cempuis). Les gamins n'y avaient aucune hierarchisation des pratiques, des savoirs. C'était une école mixte (c'est inédit à l'époque) et cela à permis de travailler la [co-éducation des sexes](https://journals.openedition.org/clio/615). L'objectif est d'apprendre aux enfants à être dans la plus totale autonomie. Il tient 14 ans avant de se faire virer. * Des figures importantes de l'éducation intégrale comme [Ferdinand Buisson](https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Buisson), [Fransisco Ferrer](https://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Ferrer) ou [Paul Robin](https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Robin) charrient un héritage anarchiste qui n'est pas trop repris dans l'"éducation nouvelle". * Pourquoi on en parle aujourd'hui ? Pour moi, il y a au moins trois enjeux d'actualité sur lesquels il faut se battre : * Refuser le morcellement et la segmentation des individus (dans les savoirs, dans le travail et dans l'affect) ; * Ne plus accepter une éducation inégalitaire (par le découpage, la hiérarchisation des savoirs et le découpage du travail éducatif). Pour carricaturer, dans l'Education Nationale, quand je suis animateur périscolaire ou enseignant : l'enfant ne me concerne que de 8h a 18h. Ce n'est pas possible de penser l'éducation de l'enfant sans penser à tout ce qui l'entouren, au-delà de l'école. * Rejeter l'élitisme et l'inégalité de traitement. * C'est particulièrement d'actualité car : * Le capitalisme (via le modèle néolibéral) atteint sont paroxysme de violence sociale. Cela passe notamment par l'atomisation de la communauté éducative. On voit de plus en plus un cloisonnement des individus par la mise en concurrence permanente. Cela se traduit par la marchandisation des espaces éducatifs (par les AAP, l'injonction à l'innovation, l'arrivée des "start-ups associatives", etc...). On est poussés dans un capitalisme d'activité : quand on n'a plus le choix pour survivre de créer des activités qui doivent s'auto-financer. Quand les travailleurs sociaux rentrent là-dedans, c'est au détriment des choix pédagogiques éducatifs. On voit par ailleurs un découpage de l'education par dispositifs. Dès qu'il y a un problème, on l'isole et on crée un dispositif sensé répondre à ce problème. On n'est pas du tout sur une approche intégrale et globale. Enfin les illusions participatives continuent à créer de la défiance. Comme il n'y a pas de vrai éducation citoyenne et civique ça ne peut pas marcher. * Cela se pose en contrepieds des évolutions actuelles des pratiques de l'éducation populaire. Pour le dire trop vite, le projet initial de l'éducation populaire à souffert de son institutionalisation et à évolué vers une spécialisation. Pour moi, tout le travail culturel et politique qu'elle charriait à été perdu en route. Lorsqu'elle s'est insitutionnalisée (avec l'agréments Jeunesse et education populaire, le Jeunesse et Sports, le BAFA, etc...) elle a subi le libéralisme. Petit à petit l'éducation populaire à perdu cet aspect intégral et militant pour répondre aux besoins d'un secteur "socio-culturel". Tout ce qui faisait le fondement de l'éducation populaire (l'éducation politique et révolutionnaire) à été délité pour arriver a une éducation populaire que je qualifierait de "caporalisée". * La multiplicité des crises auxquelles on fait face : écologique, sociale, sanitaire, éducative... On a un besoin fondamental de revenir à une éducation qui prends en compte toutes ces dimensions-là en même temps. On a besoin de ça pour que les enfants développent un esprit critique. L'enjeux c'est de ré-éduquer à la pensée complexe. * Pourquoi la pédagogie sociale est de l'éducatin intégrale ? C'est parcequ'elle prends en compte toutes les dimensions de l'éducation. C'est un acte politique qui questionne tous nos choix, qui sont guidés par une pensée politique. * Une autre piste (complémentaire) serait de renouer avec les affects et intégrer la dimension relationnelle dans les postures. En pédagogie sociale on ne peut pas tout le temps jouer avec différentes "casquettes" : on est avant tout des individus. * Il s'agit aussir de repenser la place du corps : "le corps au même niveau que l'esprit et la main au même niveau que la pensée". Cela contribue à abolir la hiérarchie des pratiques et des savoirs. * Renouer avec le réalisme pour sortir de l'idéalisme. Pour moi, l'éducation intégrale est profondément une éducation matérialiste : on travaille dans le réél. On est là pour transformer les choses et pas que les imaginer. * Faire une place aux émotions et à la créativité dans l'apprentissage. Repenser les liens entre les êtres vivants et dans les milieux. En finir avec la notion de "territoire" (froide et inerte) pour une appréhention des "milieux" : qui posent la question de "comment vivent les gens ? avec quelles interactions ?" Ce qui compte, ce sont les usages, il faut une connaissance fine des habitudes des quartiers, de la réalité des gens. Faire une veille sociale, cela permet aussi d'identifier les nuisibles (par ex. les rats) * L'éducation intégrale fait corps avec les questions écologiques sociales et politiques : on ne scinde plus les personnes et les enjeux. * En conclusion, je vois la pédagogie comme "l'art d'organiser l'émancipation" et non pas comme un art de transmettre. Rebonds : * **Laurent Ott** : La pédagogie sociale est d'une certaine manière en opposition à l'éducation nouvelle car l'éducation nouvelle est très uptopiste et finalement éloignée du milieu. La pédagogie sociale vient d'une pratique empirique de terrain qui nous amène vers le libertaire, mais ne part pas du libertaire. L'une va du haut vers le bas, et l'autre va du bas vers le haut. ## 3 - Ewelina Cazottes - *"Les droits de l'enfants chez Helena Radlińska"* <center><img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/33964ec2-ded4-4547-abba-9436197f5920.png" width=400></center><br> * **Ewelina** : Je suis éducarice spécialisée et sociologue. J'ai fait la rencontre de Laurent en 2002, nous travaillons ensemble depuis longtemps. En particulier lors co-écriture du livre ["Aux sources de la pédagogie sociale"](http://www.guilben.fr/zDocuments/A_Lire/Radlinska%20-%20Aux%20sources%20p%C3%A9dagogie%20sociale.pdf). * J'ai travaillé en Pologne avec les enfants de quartiers précaires de Varsovie, puis en tant qu'éducatrice spécialisée en région parisienne. A l'origine, je n'était pas sensée travailler avec les enfants des rues (c'est plus le rôle des centres sociaux) mais l'ensemble de prise de conscience de la nécessité d'intervenir à ce niveau. * Après ma thèse en sociologie, j'ai travaillé à la création de l'institut de pédagogie sociale [Helena Radlinska](https://www.instituthelenaradlinska.fr/). Les objectifs de l'institut : formation, séminaires, porter la mission de pédagogie sociale. ++Plan de l'intervention++ : * 1. Présentation de qui était Helena Radlińska * 2. Regard critique envers l'école * 3. L'autogestion et les droits de l'enfant dans la pensée de Helena Radlinska **1. Qui était [Helena Radlińska](https://fr.wikipedia.org/wiki/Helena_Radli%C5%84ska) ?** * Sa définition de la pédagogie sociale : "L'action réciproque de milieu et de force de l'individu transformant ce milieu" (1908). Une action consciente visant à la transformation des conditions de vie, au nom d'un idéal. * C'était une enseignante polonaise, née à la fin du XIX^ème^ siècle à Varsovie. Elle était issue de l'élite (son père était membre de l'orchestre national et sa mère journaliste). Elle était dans les syndicats de l'enseignement. Elle a été déportée en Sibérie du fait de l'appartenance politique de son mari. Elle réussit à s'enfuir et va à Cracovie (sous l'occupation de l'Autriche à l'époque) pour échapper aux tensions politiques à Varsovie. * Elle a pronnoncé un discours sur la pédagogie sociale en 1910. Elle sort un premier manuel sur l'éducation populaire en 1913. Elle va ensuite consacrer une partie de sa vie à l'école de pédagogues sociaux qu'elle a créé : d'abord en deux ans puis en quatre ans de formation. Programme très dense : philosophie, politique, sociologie... * Elle participe à l'enseignement clandestin durant la 2^nde^ guerre mondiale puis travaille à la création de l'institut de pédagogie sociale à la fin de la guerre. * Ewelina et Laurent ont publié plusieurs écrits sur Helena Radlinska : * ["Aux sources de la Pédagogie sociale, écrits choisis" édition établie et annotée par Ewelina Cazottes, Grégory Chambat et Laurent Ott, 2016](http://www.guilben.fr/zDocuments/A_Lire/Radlinska%20-%20Aux%20sources%20p%C3%A9dagogie%20sociale.pdf) * [Cazottes, Ewelina. « La pédagogie sociale de Helena Radlinska », Spécificités, vol. 9, no. 1, 2016, pp. 87-96.](https://www.cairn.info/revue-specificites-2016-1-page-87.htm) **2. Regard critique envers l'école** * Helena Radlinska était très critique envers l'école de son époque et les activités proposées aux élèves. elles dressait le constat de l'importance de rapprocher éducation et environnement, notamment auprès des milieux précaires. * Elle s'est penchée sur les droits de l'enfant à l'école. Elle considère que les enfants sont des acteurs d'imporance qui doivent participer à la création de l'image de l'école, à sa gestion. Il doivent pouvoir accéder à la citoyenneté. **3. L'autogestion et les droits de l'enfant** * La citoyenneté de l'enfant ne peut pas être construite sur le modèle de la vie politique des adultes. Il y a une hiérarchie, des enjeux de pouvoir, des difficultés d'associer les enfants à du tout autogestion. * Vision humaniste et affective de l'enfant : l'autogestion est plus adaptée aux adolescents et jeunes adultes. L'enfant sera toujours dépendant des adultes (difficulté de vivre, besoin d'attachement...). * L'enfant n'a pas à devenir un être performant. Il appartient à l'humanité. On ne peut pas comparer l'autonomie et l'indépendance, il y aura toujours un lien affectif. ++Échanges & questions++ * **Laurent Ott** : Helena Radlinksa est une "inconnue pour notre temps" alors qu'elle a été pionnière de pédagogie sociale. Elle disait qu'il faut détruire en construisant, il faut construire en détruisant. En réponse à une question sur les rapports de domination structurels dans la relation adulte / enfants : à la base, elle sougaite donner le pouvoir aux opprimés mais elle est une praticienne et part de la pédagogie, travaillait dans la transmission. * Selon Freinet, autre vision car selon lui l'enfant est de même nature que l'adulte : cela pose le débat sur l'autogestion. Dans le cas d'Intermèdes Robinson, chacun ne fait pas ce qu'il veut, il y a une organisation, mais pas de hiérarchie. Chez Freinet, la discipline c'est la capacité d'organisation (contre l'ordre des choses) du groupe qui amène la discipline. C'est le travail dans l'organisation qui donne du pouvoir, Freinet et Korczak étaient d'accord là-dessus. L'autonomie n'est pas l'indépendance. ## 4 - Présentation des "Colonies de vacances inconditionnelles" par l'[Association Tarnaise de Pédagogie Sociale](https://www.helloasso.com/associations/association-tarnaise-de-pedagogie-sociale). <center><img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/fa56d9b8-9262-4803-9749-245ed672644a.png" width=500></center><br> - L'[Association Tarnaise de Pédagogie sociale](https://www.helloasso.com/associations/association-tarnaise-de-pedagogie-sociale) a été créée en 2017. On organise 2 à 3 ateliers de rue par semaine dans un milieu très rural. - On développe des programmes d'animation vacance en famille. Cela partait de l'envie d'aller sur la question du séjour. Cela s'est notamment fait en lien avec les écléreurs. On organise des séjours de 10 jours avec une grosse vingtaine de jeunes (et parfois leurs familles). Une équipe mixte entre permanents et bénévoles. - Sur le travail en amont : quand on a commencé à parler de collos aux familles : personne ne pouvait venir. On a cherché à comprendre pourquoi. Les ateliers de rue créent de la confiance et ça à permis de comprendre pourquoi : dans beaucoup de cas, les enfants ne partent pas sans les parents, les familles n'ont pas le matériel (sac de couchage, etc...) - Le programme s'est beaucoup constitué par du travail à distance (covid). On avait beaucoup de ressources pour des activités et jeux. Mais sur la collo on essayait au maximum de prendre en compte les envies des jeunes. On est partis de eux et elles. Les activités ne sont qu'une petite partie de la vie du camp. On programmait la plupart du temps les activités du jour pour le lendemain. - A retenir : on est partis avec 24 enfants de 4 à 18 ans. Cette mixité était une grande force. Cela nécessitait une grande rigueur dans le fait d'accompagner tous les enfants, dans leurs singularités (angoisses, difficultés relationnelles, etc...). C'est très riche mais cela prends du temps, d'adaption. Chacun et chacune d'entre nous pouvait prendre différents rôles lors de la collo, peu importe les statuts. - On a fait ça avec très peu de moyens. On s'est basés sur les principes de la pédagogie sociale : on va pas attendre d'avoir tout ce qu'il faut pour faire des choses. On ne s'arrête pas aux éléments materiels. - Ce qui est intéressant, c'est le fait d'amener un mix entre des personnes pour qui l'animation est une pratique quotidienne et des personnes avec un regard plus exterieur. Attention à prendre soin des relations existantes et des schémas relationnels en place, notamment les enjeux de dominations structurels. Comment déconstruire ces rapports ? par quels outils ? etc... - On a voulu un accueil inconditionnel. Cela pose un gros nombre de contraintes. Par exemple, que des familles puissent venir pour un jour (pour voir) donc un lieu propre et facilement accessible. On était en gestion libre et gratuite, on s'est fait prêter beaucoup de matériel. On était assez nombreux donc il fallait trouver un lieu adapté. On a trouvé ça chez un privé. - Sur les questions de financements : un peu de la Caf et des mairies. On a du trouver des gens : un mélange entre des salariés et des bénévoles, quelques embauches en contrat engagement éducatif. - On a eu un gros enjeux sur les transports : l'an dernier on n'a fait ça qu'avec des voitures de particuliers mais cette année on a s'est fait prêter un minibus. Prêt de matériel collectif mais aussi individuel (matériel de camping, d'hygiène, etc...). - L'exploration : mis en oeuvre via l'expérience des écléreurs. Cela fait partir des jeunes ados en petit groupes de 5/6 dans une forme d'aventure pour construire de l'autonomie. Itinérance pour aller découvrir un environnement (naturel, culturel, social). Avant : on accompagne ce projet et on pose son fonctionnement. Pendant : on pars vers une destination en autonomie (sans responsable adulte). Après : debriefing. Est-ce qu'on a atteint les objectifs ? est-ce qu'on a vécu ce qu'on voulait ? On l'a fait dans le cadre d'un ACM (Accueil Collectif de Mineurs), mais il y a d'autres cadres a penser. - Enjeux de développer une liberté avec une conscience du collectif. - Un gros débat présent dans les ACM : permettre des couchages mixtes. Pour nous, c'est clair que c'est un élément riche. Cela permets de travailler les questions de genre et d'identité. Cela permet de mettre ces éléments en discussion, en particulier les questions de sexualité. Ne pas considérer ces choses comme interdites (car elles arrivent dans tous les cas). ## 5 - Ateliers collectifs, groupes de réflexion et manif d'enfants !! :::warning <center> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/b4f37185-0f4c-43d0-a24e-2a0d384b248c.jpg" width=200> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/52dc7cfb-b214-4753-845c-3c80362bd08e.jpg" width=200> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/7d67a37a-c2f9-480a-b87d-8f6a5297e514.jpg" width=200><br><br> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/f4ff19e8-a7ac-49f3-8609-49194b0c08f7.jpg" width=200> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/f4d8b94e-fb1f-4996-b5ca-105adf40c862.jpg" width=200> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/c2d312ab-f9b9-414e-97b1-ab2531826497.jpg" width=200><br><br> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/6f377385-d952-4ccb-9c57-e9cd665030c3.jpg" width=200> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/c3c2cab2-0d22-498b-bdf1-132a672c7dda.jpg" width=200> </center> ::: ## 6 - Projection du film "une histoire sans fins" par l'association Intermèdes Robinson *En partenariat avec l'association [Les Projos](https://lesprojos.org/lassociation/)*. > Lien de la vidéo prochainement. ## 7 - Spectacle [*"Aven Savore"*](https://www.intermedes-robinson.org/aven-savore-une-ecole-de-la-fete/) :::warning <center> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/6cdf229a-2105-487d-97a7-17e2627eb789.jpg" width=320> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/ef2ba297-5726-4bd0-91f8-f84ae5526642.jpg" width=320> <br><br> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/e017edd7-8af7-4493-858b-9e01e998ae22.jpg" width=320><br> </center> ::: ## 8 - Patricia Haluska, *"Korczak, sa vie son oeuvre : les droits selon Korczak"* <center><img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/64d269c4-4b8c-42d8-8dd3-bbd7b47641c3.png" width=400></center><br> - [Janusz Korczak](https://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak) est trop peu connu. Pour connaître Korczak, il faut le lire. Sa puissance, c'est qu'il ne regarde pas l'enfant seul, il regarde l'enfant dans un groupe d'enfants, puis le groupe d'enfants dans la société. Il a une vision systémique. - J'interviens régulièrement dans différents établissements : à l'IRST, dans les écoles d'éducation, etc.. On me demande souvent de parler de Korzcak et c'est pas évident tant sa production est dense. Si mon intervention peut servir a quelque chose, ce serait que vous sortiez d'ici en ayant envie de lire Korczak. - Korczak est né en Pologne sous l'occupation Russe, dans une régime sévère et violent. Il mène une enfance assez aisée, son père est avocat. Quand son père meurt, il se retrouve seul a 11 ans avec sa mère et sa soeur. Il va se mettre à donner des cours dans les familles bourgeoises pour rapporter un peu d'argent au ménage. Quand il voit les enfants dehors il comprend le décalage entre ce qu'il voit dans les familles aisées et le monde extérieur pauvre. - Il fait des études de médecine et il vit 3 guerres. Il voit vite que les enfants sont les plus touchés par la guerre. Il dédie sa vie à la protection inconditionnelle des enfants. - En regardant les enfants dans les hopitaux, il se dit que ce qui compte, ce n'est pas uniquement de soigner, c'est aussi et surtout d'enseigner. Il ouvre alors des maisons d'enfants (une pour juifs et une pour catholiques car à l'époque c'était impossible de mélanger les enseignements). - Il a pensé des orphelinats exemplaires. Cela passe notamment par l'architecture et l'aménagement qui sont pour lui tout sauf anodins. C'est lui qui a tout pensé pour imaginer un lieu ou les enfants se sentent bien. Il était méthodique et observateur et regardait de près la santé des enfants. Il était capable de percevoir le malêtre des enfants. Il disait souvent "prenez le temps d'observer les enfants". - Dans son livre ["Comment aimer un enfant ?"](https://www.babelio.com/livres/Korczak-Comment-aimer-un-enfant/274917) (1919), il explique des choses très fines sur le comportement des enfants en les observant. En tant qu'enseignants, éducateurs, etc... je trouve qu'on est souvent pas assez attentifs à cela et trop interventionnistes. - Dans ses orphelinats, il a aussi construit un cadre de vie collectif, par tout un ensemble de dispositifs. Notamment la [Républiques des enfants](https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_des_enfants). Il pense par exemple qu'il ne faut pas interdir aux enfants de se battre, que les enfants ont besoin de se bagarrer mais qu'il faut l'encadrer. - Il mets en place tout un tas de dispositifs pour permettre l'autonomie des enfants : boîtes aux lettres, bagarres, droits aux secrets, etc... A chaque fois qu'il voit un problème, il identifie une solution dans le respect de l'enfant. - L'assemblée des enfants : là aussi, il y a tout un tas de dispositifs. Les réunions débats, chaque semaine, le tribunal d'enfants réflechit aux règles de l'orphelinat. Les jeunes ont le droit à l'expression et au débat (en 1919 !). Les enfants ont le droit de se plaindre, de se battre, de faire les fous. Il avait par ailleurs beaucoup d'humour. Je pense qu'aujourd'huis, on devrait presque faire un festival de pédagogie social sur l'humour ! - Un des dispositifs intéressants pour comprendre l'approche de Korczak : la boîte aux lettres. Il avait à l'origine pensé un dispositif mural ou les enfants pouvaient écrire et faire remonter des problèmes. Mais certains enfants ont ralé parcequ'ils ne voulaient pas que leurs mots soient publics. Il a donc adapté son dispositif pour passer sur une boîte aux lettres. - Beaucoup de personnes pensent que le tribunal des enfants était une mauvaise idée. Pourtant Korczak ne faisait pas du tout un tribunal pour punir. Plutôt pour apprendre et prendre conscience de ses droits et ses devoirs. Par ailleurs, le tribunal ne condamnait pas que les enfants : les adultes et Korzcak aussi pouvaient être condamnés dans ce tribunal (quand les enfants estimaient qu'ils avaient fait une erreur). Pour lui, c'était capital d'écrire, pour s'expliquer, pour se défendre. - Autre dispositif : quand un nouvel enfant arrive, il a un enfant tuteur qui va l'accompagner, lui expliquer toutes les règles et tenir tout ce qu'il se passe dans un journal. Au bout d'un moment, il y a un plébicit : une assemblée dans laquelles les autres enfants disent s'ils ont décidé de garder l'enfant (avec un système de "+" : oui, "-" : non, il doit partir et "0" : ne se prononce pas). Si il y a une majorité de "-", l'enfant n'est pas exclut : on lui laisse plusieurs chances et du temps. Ce plébicit marche aussi pour les adultes. - C'était un doux rêveur. Il pensait que les tribunaux d'enfants existeraient dans toutes les écoles dans les 50 ans. - Autre dispositif : les enfants tiennent un journal. Chaque semaine, le journal est lu lors du conseil de l'orphelinat et diffusé. Il y a un caractère vraiment inédit : il était tiré à 150 000 exemplaires, entièrement écrit par les enfants. Les enfants étaient payés pour écrire les articles (ça n'a jamais été refait à une telle échelle). Un journal écrit par les enfants pour les enfants. Idem, il faisait une radio : ["les parlottes du vieux docteur"](https://www.meirieu.com/PATRIMOINE/korczakradio.pdf). Il y répondait aux questions des parents. On en a retrouvé une ou deux accessibles. - Enfin : les loisirs. Il a pensé a mettre une bibliothèque des activités de musique, de théâtre, des vacances, etc... Quand un enfant perdait quelque chose, il avait imaginé une petite boutique ou les enfants allaient chercher leurs affaires. - Boite aux secrets : les enfants avaient une petite boîte aux secrets inviolable. Chaque enfant a droit à des secrets. - Texte adressé aux éducateurs : "apprends a te connaître avant de connaître les enfants". ## 9 - Jean Pierre Lepri, "Le droit de l'enfant à l'éducation ?" <center><img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/50edeb88-5ab6-4e43-a13b-a2417ff3b909.png" width=400></center><br> - J'ai passé 50 ans comme enseignant dans l'Education Nationale. J'ai commencé à 18 ans comme insituteur, puis comme inspecteur, comme expert auprès de l'UNESCO, conseiller de ministre, etc... J'ai aussi enseigné pendant 30 ans hors de France, sur les 5 continents. En 2007, j'en suis revenu : je n'en pouvait plus de "repeindre les murs de la prison". J'ai passé tardivement des études universitaires (deux doctorats). Je tire mes réflexions et analyses de toutes ces expériences. - Mon intervention s'appelle "Le droit de l'enfant à l'éducation ?". En fait le propos porte surtout sur le "?". Si on part de l'éducation, sa racine latine *eduquere* : renvoie à "conduire". Dans toute éducation il y a un conducteur (l'éducateur). Cela conduit à une société de sachants et de non-sachants, ou l'éducateur sait mieux que l'éduqué ce qui est bon pour lui. Ce que je prétends c'est que ce shémat n'est pas le bon. Cela mets en place une relation asymétrique et hiérarchique, qu'il faut interroger. - Il faut comprendre que le terme d'éducation n'apparait que dans les années 1500. Pendant 250 ans il n'a pas le sens actuel : jusqu'en 1750, on éduque des vers à soie. C'est en 1762 que Jean-Jacques Rousseau reprends ce terme pour l'éducation des enfants. En 1932, le ministère de l'instruction publique devient le ministère de l'éducation nationale. Le terme à longtemps eu un sens péjoratif. - Sur l'enfant, ça vient du latin *infance*. Celui qui n'a pas la parole. Chez les romains, quand l'enfant se mets à parler il devient *puer* (ce qui a donné par exemple le terme puériculture). Le concept d'enfance nait après l'ancien régime (*cf.* [Philippe Ariès](https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Ari%C3%A8s)). C'est un concept qui est fabriqué et qui d'une certaine manière induit une différence hiérarchique. - Sur le droit : le droit de l'enfant à l'éducation. Education c'est l'acte d'éduquer. Quand on dit que l'enfant à le droit à l'éducation : on devrait comprendre que l'"enfant à le droit à l'acte d'éduquer". Hors quand on dit droit à l'éducation, la plupart du temps c'est un droit qu'on donne à l'éducateur et pas à l'enfant. - Dans la [convention internationale des droits de l'enfants](https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-rights-child), l'éducation est formulée comme un droit. Un droit normalement ce n'est pas une obligation. Hors l'éducation est obligatoire et on ne peut pas ne pas scolariser les enfants. - Le droit est une autorité qui surplombe les individus et groupes sociaux. Cela donne matière à réflexion. Qui s'arroge ce droit ? Cela implique tout de suite un système de contrôle de ce droit. C'est tout à fait utopique ici. C'est un voeux pieux. S'il n'est pas respecté : a qui je vais me plaindre ? - Déclaration universelle des droits humains : induit la possibilité pour des enfants de pouvoir apprendre. Je comprends mal que les enfants aient une convention spécifique ? Cela voudrait dire que ce ne sont pas des humains. S'il devait y avoir un droit de l'enfant, ce serait : le droit de ne pas être éduqué (s'il/elle ne le veut pas). Si un droit devait être promu, ce serait le droit d'apprendre. **Echanges** - Vous dites que personne ne contrôle le droit à l'éducation. Il y a quand même des inspecteurs, etc.. si des familles ne voulaient pas mettre leurs enfants à l'école, est-ce que serait forcément une bonne chose ? - Plusieurs situations. Il y a à travers le monde des sociétés qui n'éduquent pas. Lorsque des ethnologues vont observer ces sociétés, ils y vont avec leurs propres grilels donc c'est dur à observer. - Concrètement une famille qui n'éduque pas, qu'est-ce que ça veut dire ? - On a très peu de témoignages. Concrètement : on vis comme on voudrait que l'autre vive. - Jeanne : Parfois c'est l'inverse, c'est l'état qui ne se soumets pas a son obligation d'éducation. On le voit avec les enfants des bidonvilles avec lesquels on travaille. ## 10 - Table Ronde - *"Accueil éducatif inconditionnel à ciel ouvert"* à l'initiative de la Maison Phare > ++Objectifs++ : Faire se rencontrer un certain nombre d'acteurs sociaux qui animent des ateliers de rue. Discuter d'ateliers socio-éducatifs "à ciel ouvert". Quels sont les obstacles au fait d'investir l'espace public ? ![](https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/85457011-f0e2-453d-8e44-e905420f2a85.png) ++Participant-es++ : - **Pierre** : Responsable de centre de formation l'[AFERTES](https://afertes.org) dans le Nord Pas de Calais. - **Louis** : Bénévole aux [Amis de Mandela](https://www.facebook.com/Lesamisdemandela/), qui anime notamment des Kermesses Numériques. - **Hélène** : Membre de la [maison phare à Dijon](https://lamaisonphare.fr/) (MJC/CS) - **Salwa** : Animatrice famille jeunesse à la Maison Phare - **Inès** : Bénévole à la Maison Phare - **Laurent** : Directeur d'Intermède Robinson - **Yaelle** : Bénévole à Intermède Robinson - Animatrice sociale au Centre Social Aimé Césaire à Viry-Chatillon - **Judickaël** : Jeune qui vient pour participer aux activités du centre social - **Christophe** : President de l'[Association Tarnaise de Pédagogie Sociale](https://www.helloasso.com/associations/association-tarnaise-de-pedagogie-sociale). On fait des ateliers de rue depuis 4-5 ans en milieu rural. - **Mélodie** : Coordinatrice de l'[association 3.2.1](https://www.facebook.com/people/321-Association/100077386672245/) à la Castellane. Depuis 2013. ++Tour de table++ : - Le principe des **Kermesse Numérique** : on s'installe dans un quartier, on a besoin que d'une prise et on propose des ateliers ouverts autour du numérique. Badgeuse, impression 3D, [rétrogaming](https://www.recalbox.com/fr), etc... - C'est un espace ouvert autour des questions numériques. Ca à émergé pendant le covid on s'est rendus compte que beaucoup de familles n'avait pas de matériel. Ils ont récupéré des vieilles machines pour les retaper. On a des montagnes de vieux matos et des [Raspberry Pi](https://www.raspberrypi.org/about/). - L'idée c'est de faire ensemble pour apprendre et gagner en autonomie. C'est accompagné par des personnes qui ont des compétences techniques et des habiletés relationnelles. Cela permets de lever les freins. On a des fonds qui permettent aux gens de repartir avec du matériel. Les personnes viennent et réparent du matériel avec lequel ils peuvent partir. On ne donne rien : les personnes se réapproprient ce matériel, qui a déjà été financé (par nos/leurs impots). - Le projet a été monté par un developpeur informatique, une conseillère en économie solidaire et familliale, deux éducateurs spécialisés et une dizaine de bénévoles. On s'est formés sur le tas à l'approche de la pédagogie sociale. - On est implantés sur 24 communes. Cela à amené un monde de fou tout l'été. Cela permet d'aller à la rencontre des personnes qui fréquentent peu ou pas ces lieux. On n'accompagne pas que sur l'informatique mais aussi sur tout ce qu'il y a autour. Les outils informatique sont en fait un prétexte pour la rencontre. Ce qui est intéressant : les retours qu'on a eu, notamment du délégué du préfet. Ils ont découvert que le numérique hors les murs tenait au fait que les animateurs incarnaient quelque chose : le fait d'avoir envie d'être avec les gens. On ne peut pas copier-coller ça et reproduire ça ailleurs facilement. - A la **Maison Phare**, cela fait 7 ans que l'on fait des ateliers de rue, en moyenne quatre fois par semaine. - Partage d'expérience du confinement. On est dans un QPR et on voit beaucoup de difficulté notamment sur la question du retour à l'école et sur les ruptures que le confinement a produit. On mets alors en place des ateliers d'été. La ville mets à disposition des locaux et on essaie de garder l'école ouverte l'été. La grille est ouverte en permanence. On s'organise avec un tableau à l'entrée. - C'est du lundi au vendredi avec des repas à prix libres. Inspiré de l'[école moderne de Fransisco Ferrer](https://fr.wikipedia.org/wiki/Escuela_moderna). - On y développe notamment des pratiques artisiques : radios, médias, danse (on a récemment invité la troupe d'Aven Savore). - Sur l'accueil des familles : tout un travail éducatif et social tout au long de l'année. Les familles sont accueillies en fonction de leurs envies et besoins. On travaille à partir de la vie quotidienne et des besoins évoqués toute l'année. Donner des temps de légerté à des familles en précarité. C'est aussi un travail d'orientation, d'accompagnement, etc... Cela permets de créer la rencontre. On fait des passerelles éducatives et sociales avec d'autres partenaires. - Les freins : grosse fréquentation d'un coup qui demande des grosses capacités d'adaptation et d'animation. Ca demande du travail de préparation. surpris par le fait davoir un très jeune puvblic (2-6 ans). Ca demande une apprche particulière. - Autre soucis : On garantit cet accueil inconditionnel aussi aux personnes seules. Ca pose la question des personnes qui ne peuvent pas venir seules : on les redirige vers d'autres structures. - Chez **Intermèdes Robinson**, pour décrire rapidement le fonctionnement d'un atelier de rue, il se divise en trois temps (dont 2 invisibles aux yeux du public). - 1. Phase de briefing : on prépare l'atelier avec l'équipe. Qui fait quoi ? quels besoins logistiques, etc... Cela prends ~1h30. - 2. Le temps de l'atelier (entre 2 et 3h) : on est avec le public - 3. Et derrière : 1h de débrief et rangement. - A Intermèdes Robinson, il y a un pilier : la petite enfance. C'est à travers cela que l'on garantit une forme d'accueil inconditionnel. C'est les personnes qui animent les ateliers qui choisissent ce qu'elles veulent faire. Les enfants peuvent aussi proposer des activités. Il y aussi un foodtruck : un atelier en soi qui propose de la nourriture gratuite. Les enfants viennent aider à faire la cuisine. - On organise entre 13 et 14 ateliers par semaine. Des endroits ou on est depuis très longtemps et des endroits plus récents comme les ateliers en bidonville. C'est très en lien avec le milieu dans lequel on arrive. Ateliers dans les hotels sociaux, en fonction de l'espace. - Par rapport aux freins et difficultés : des grosses fluctuaions dans les fréquentations. Il y a des periodes ou il n'y a pas grand monde et d'autres où on est débordés. On institue une régularité dans les lieux que l'on investit (qu'il pleuve qu'il vente qu'il neige). - Avant l'activité, on organise un temps de "quoi de neuf ?" Après l'activité : l'"assemblée des présents". On donne des rôles a chacun pour aider pour le rangement, pour animer des discussions philosophiques, etc... Cela permets de s'armer pour pouvoir répondre aux problématiques des enfants. C'est les enfants qui amènent des thématiques. - Avant le confinement, on faisait surtout les ateliers et soirées conviviales en intérieur. Depuis le confinement, on va plus dans les quartiers et on peut voir que les personnes viennent plus facilement qu'avant. On a une plus grande diversité de gens et c'est vraiment bien. - A l'origine, Intermèdes Robinson ne faisait que des ateliers de rue. Maintenant on a un local : cela reconfigure nos activités. On réfléchit à l'articulation entre le dedans et le dehors. - A l'**Association Tarnaise de Pédagogie sociale**, on anime 2 ateliers de rue hebdomadiares et on pilote des programmes d'actions vacances en famille. On fait aussi des activités [Contrat local d'accompagnement à la scolarité (CLAS)](https://www.caf.fr/partenaires/contrat-local-d-accompagnement-la-scolarite) le mercredi après-midi. - Une différence avec ce que je vois ici : c'est la question du nombre. On a aussi des fluctuations mais sur des groupes beaucoup plus petits, et ça a un impact différent. - En revanchen, là où on est, on a accès beaucoup plus facilement à l'espace public. On a l'agrément Etablissement de Vie Sociale depuis 15 jours et un local de 100m^2^ depuis quelques mois. - Un dispositif qu'on a lancé pour s'adresser aux personnes les plus précaires : le choix des lieux ateliers. La question va se reposer maintenant qu'on cet agrément et ce local. - Les soirées conviviales : on prête la salle et n'importe quelle famille peut venir : pour faire à manger ensemble. - L'association **3.2.1** est située à la Castellanne dans les Quartiers Nords de Marseille. C'est à 1h de Métro + bus du centre de Marseille. On est connus dans les faits divers car la Castelanne est au coeur d'un grand trafic de drogue dans un quartier un peu sinistré. Des checkpoints de partout avec des points de deals. - 3.2.1 existe depuis 2013 à l'initiative de 2 femmes italiennes qui ont eu envie d'écrire en leur nom. Elles en on eu marre qu'on parle sur elle à leur place. Elles sont allé voir le centre social au début qui exercait une acivité de contrôle social. - A l'origine, nous n'avions même pas de local, on fait des activités dehors avec un petit caddie et très peu de moyens. On batit des choses à partir de l'existant. Par exemple : il y a beaucoup d'argile à Marseille et on fait des ateliers avec. - Comment on se renouvelle et on s'inspire ? On passe notre temps à chiner car on a très peu de moyens : on se décalle et on voit d'autres choses. - On est très inspirés par le film [Système K](https://le-pacte.com/france/film/systeme-k). - Récemment, on s'est associés aux Céméa et à [Momkin](https://www.facebook.com/assomomkin/) pour faire un terrain d'aventure sur la Castellane. - Sur les ateliers de rue on prends énormément de photos. Notamment avec des polaroïdes pour les tirer tout de suite et les avoir en format tangibles. J'offre tout le temps des cadres photos et quand je vais dans les familles, je vois que ces photos se glissent dans les salons, dans le quotidien des familles. ## 11 - Ateliers collectifs, groupes de réflexion ## 12 - Inauguration du site web du réseau de pédagogie sociale [![](https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/2836c7c9-4fdc-4a65-b91c-bc152d0a7616.png)](https://www.pedagogie-sociale.org/) <center><b> https://www.pedagogie-sociale.org/</b></center> ## 13 - Ressources * Blog d'Intermerdes Robinson : https://www.intermedes-robinson.org/blog/ * [Janusz Korczak](https://fr.wikipedia.org/wiki/Janusz_Korczak) * [La Républiques des enfants](https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_des_enfants) * [Paul Robin, pédagogie intégrale](https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Robin) * [Orphelinat de Cempuis](https://fr.wikipedia.org/wiki/Orphelinat_de_Cempuis) * [Christiane Demeulenaere-Douyère, « Un précurseur de la mixité : Paul Robin et la coéducation des sexes », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, 18 | 2003, 125-132](https://journals.openedition.org/clio/615) * [Helena Radlińska](https://fr.wikipedia.org/wiki/Helena_Radli%C5%84ska) * [L'institut Hélène Radinska](https://www.instituthelenaradlinska.fr/) * [Education Libertaire](https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ducation_libertaire) * [Ferdinand Buisson](https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Buisson) * [Francisco Ferrer](https://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Ferrer) * [L'école moderne (escuela moderna)](https://fr.wikipedia.org/wiki/Escuela_moderna) * [Cazottes, Ewelina. « Aux sources de la Pédagogie sociale, écrits choisis » édition établie et annotée par Ewelina Cazottes, Grégory Chambat et Laurent Ott, 2016](http://www.guilben.fr/zDocuments/A_Lire/Radlinska%20-%20Aux%20sources%20p%C3%A9dagogie%20sociale.pdf) * [Cazottes, Ewelina. « La pédagogie sociale de Helena Radlinska », Spécificités, vol. 9, no. 1, 2016, pp. 87-96.](https://www.cairn.info/revue-specificites-2016-1-page-87.htm) --- Ce document est régi par les termes juridiques de la [licence Creative Commons BY-SA 4.0 ](http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/) <center> <img src="https://hot-objects.liiib.re/pad-faire-ecole-org/uploads/a87a8c7d-1cc1-41ff-9e67-85b0466d86ac.png" width=150> </center>